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n°3 de la revue à paraître fin 2022 : "formes scripturales, pratiques éditoriales"

2022-07-09

 

Cette troisième livraison de e/i est consacrée à l’étude des livres peints, imprimés (typographie, fac-similé de manuscrit, lettre-transfert), gravés, manuscrits ou tapuscrits impliquant une réflexion créatrice sur leurs modalités d’inscription. L’accent mis sur ce qu’on appellera ici « livres de création » vise à ouvrir sur des pratiques éditoriales singulières qui réfléchissent, en les déplaçant, les mises en forme graphiques traditionnelles, ou courantes, du livre et de l’écrit. On se propose notamment d’interroger au sein de cette production, le livre en tant que medium situé au croisement d’une visée éditoriale et d’un geste d’écriture.

Les œuvres visées par ce numéro constituent en effet un objet éditorial singulier dans sa matérialité ou son support comme dans son élaboration. En tant qu’espace interactionnel, le livre de création constitue notamment un projet exploratoire et collectif que se partagent les acteurs qui concourent ensemble ou séparément à sa genèse. Les créateurs se saisissent des éléments du dispositif éditorial, les éditeurs s’approprient les caractéristiques du texte, notamment en choisissant les paramètres de sa mise en visibilité. Or, ces choix auctoriaux, artistiques ou éditoriaux sont rarement étudiés en eux-mêmes comme gestes configurationnels qui déterminent les formes de production du livre et d’inscription du texte situées à la jonction entre les visées de plusieurs acteurs.

Le présent numéro, pratiquant comme les précédents l’hétérogénéité des approches et des œuvres, se propose donc de réfléchir à partir de cas d’étude concrets à cette question de l’interaction créative entre configuration éditoriale et création auctoriale ou artistique en confrontant les regards de praticiens du livre (éditeurs, poètes, artistes, graphistes) et de chercheurs accordant leur attention aux œuvres qui assument un « pas de côté » dans le monde de l’édition (Tita Reut), notamment dans le choix de présentation du livre et de l’inscription du texte.

 

Les contributions pourront s’intéresser aux manières de concevoir le livre de création en mettant l’accent sur les choix éditoriaux mis en place dans la chaine de production de l’objet livre :

  • modalités de la « rencontre » ou de l’interaction entre un artiste, un écrivain, un poète, un éditeur, un graphiste, un artiste ; degrés ou phases d’intervention de chaque acteur ;
  • étapes et modalités des différents choix de contenu et de forme (sélection des textes, mise en forme, choix des formats et des reliures, etc.)
  • modèles économiques de production, tirages.

 

Mais aussi interroger les termes descriptifs qui inventent un imaginaire spécifique à ces objets :

  • termes relatifs aux producteurs (« espace-transverse » selon Lecuire) et aux récepteurs (« engagement du lecteur » chez Jean-Michel Géridan) ;
  • éléments de terminologie applicables aux objets choisis (classifications des livres ; typologie des types d’inscription).

 

Elles pourront s’attacher davantage aux formes de création mises en œuvre et aux déplacements qu’elles impliquent sur

  • les composants du livre (formats, composition de la page, blancs, formes d’inscription...),
  • la fonctionnalité du livre et ses modalités de manipulation ;
  • la temporalité inscrite dans le texte par les choix graphiques et/ou l’inscription d’un geste.

 

Enfin, ses modes de circulation / diffusion pourront donner lieu à des analyses ouvertes aux contextes de réception et aux usages :

  • livre dédié au visible, le livre de création, diffusé dans des circuits parallèles ou marginaux, est souvent exposé, mais est-il encore lu quand il affiche des formes visuelles qui passent au premier plan ? Est-il un objet de lecture, un objet marchand, un objet artistique ?
  • Quels discours et quel rôle assume ce type d’objet face à un marché du livre en mutation technologique constante ?